Elle approche. Elle est palpable. On la sent bien (oh oui!), même qu’on la touche déjà. Du bout des doigts, certes : il reste quand même un examen de chimie organique… Mais voilà, il n’en demeure pas moins que mon (notre) périple déiste tire à sa fin. Bonne ou mauvaise nouvelle? J’aurais tendance à m’écrier “bonne” sans hésitation, mais il y a comme qui dirait un vent de nostalgie qui souffle sur le Lac Delage ces jours-ci.
C’est vrai quoi, ce n’est pas en droit que je pourrai extérioriser mon adoration pour Camus (quoique “en droit”, L’Envers et l’endroit… ouin bon), ma profonde amitié pour Montaigne et Étienne (oui bon, à défaut d’être véritable, elle a à tout le moins le mérite d’être profonde non?) ainsi que mon admiration pour la longueur dans le sang nietzschéenne. Ce n’est pas en droit non plus que je pourrai parler de chaînes trophiques, resocialisation et de molécules hantées…
(Oui bon après, il est probable que les 20 heures de cours qu’on a eues sur la légitimité vont me servir… et je pourrai parler allègrement d’axiologie, ce qui est, vous en conviendrez, non négligeable.)
J’vais peut-être m’ennuyer de Patou aussi, Monsieur Littérature. Sans oublier sexy-Gallant, qui me manque déjà. (Miam… savez-vous qu’un esprit mal-tourné projetait de me demander de me montrer gentille avec cette unité professorale au sex-appeal indéniable pour assurer à sa petite personne une bonne note? Non mais…!) Oh, et de Puissant-Jonathan, qui s’est soudainement mis à me sourire et à me faire de gentils-mais-discrets signes de tête dans les couloirs (après avoir accueilli mes salutation avec un regard froid et/ou fuyant sans daigner y répondre pendant toute la seconde session). Sans parler de Yolaine… (*soupir)
Et puis le gala du DI, la soirée qu’on atttendait tous depuis des semaines (à l’exception de deux individus à l’évidence beaucoup trop cool pour que la salle qui nous était destinée puisse contenir l’ampleur de leur attitude ; “Oué, on a tellement d’attitude”), semble avoir éveillé en ma narcissique personne un attachement insoupçonné pour ce groupe auquel j’ai longtemps pensé ne pas appartenir (non pas que je me croyais trop cool, ne vous méprennez pas, surtout =P). Il faudra d’ailleurs que je vous en reparle, de cette soirée…
Mais le DI, c’est également l’affaiblissement des instincts humains, la robotisation de quantité, certes minoritaire, d’étudiants à travers le Québec, la suppression de toute conscience proprement humaine (c’est du moins ce qu’en a pensé un certain E…)…
(Mon dieu, info sur le vif, tenez-vous bien : je viens de lire “brake your heart” dans le sous-nick d’un contact… Brake. Une âme magnanime aurait-elle l’amabilité de lui faire avaler un Oxford?!)
…et de toute inhibition quant aux réflexions profondément geek/nerd et à la verbalisation du découragement face au non-sens du monde et à la déchéance de l’intellect populaire. (Et pourtant, on peut bien parler nous…)
Il est à espérer que la coupure des liens qui nous ont, pendant deux ans de notre existence, enchaînés à nos volumes de bio/chimie/maths/etc. nous offrira une occasion de renaissance ; que notre asservissement à L’Envers et l’endroit du monde et au Crépuscule prendra fin, nous libérant d’un enfermement plus profond encore que celui d’Anne Desbaresde, nous faisant cadeau de la graine de la rédemption.
Ainsi pourrons-nous, déistes que nous sommes, devenir à peu près humain. Enfin peut-être, éventuellement, dans un avenir relatif et plus ou moins rapproché… amen.
(Pfff… Déiste un jour, déiste toujours non?)

Wow!!! J’aime ce texte.
J’ai beaucoup ri au passage où tu mentionnais de façon affectueuse les “absents” du gala.
Et je ne connais pas qui est E…, mais je suis tout à fait en désaccord avec lui. Et de toute façon, même si on est un peu robotisés, selon I, Robot, les robots sont capables d’avoir des émotions. Vlan.
E? Mais c’est bien sûr LE E, étudiant en art et lettres, épris de A, la geek and asuming
haha
Alors, on est big fan de Will Smith?
aaaaah!! Je vois! Je l’avais oublié, E, notre cher poète pascal. Pas fort de ma part. Hihi!